En chemin vers Pâques

Ça y est, les jours commencent à rallonger, les oiseaux ce matin, chantaient dans le jardin. L’hiver tire vers sa fin. Certes il pleut encore beaucoup, il faut encore allumer le chauffage. Pour certains, c’est encore l’hiver dans les relations humaines : tensions dans le couple, dans la famille, dans le voisinage, au travail, et pourtant….

Et pourtant dans son camp de concentration, Etty Hillesum écrivait : Derrière la maison, la pluie et la tempête des derniers jours ont ravagé le jasmin ses fleurs blanches flottent éparpillées dans la boue des flaques noires sur le toit plat du garage. Mais quelque part en moi ce jasmin continue de fleurir, aussi exubérant, aussi tendre que par le passé. Et il répand ses effluves autour de ta demeure, mon Dieu. Tu vois comme je prends soin de toi. Je ne t’offre pas seulement mes larmes et mes tristes pressentiments, en ce dimanche matin venteux et grisâtre je t’apporte même un jasmin odorant. Et je t’offrirai toutes les fleurs rencontrées sur mon chemin, et elles sont légion. Je veux te rendre ton séjour le plus agréable possible. Et pour prendre un exemple au hasard : si j’étais enfermée dans une étroite cellule et que je vois un nuage passer au-delà de mes barreaux, je t’apporterai ce nuage, mon Dieu, si du moins j’en avais la force. Je ne puis rien garantir d’avance mais les intentions sont les meilleures du monde, tu le vois.

Elle gardait au cœur une lueur d’espoir, bien ténue mais présente.
Puissions-nous, malgré les épreuves que nous rencontrons, garder cette espérance qui vient quand l’espoir s’éteint, comme le disait Mgr Vesco lors du dernier pèlerinage.